Est-il difficile de poser du carrelage grand format ? Découvre dans cet article mes conseils pour réussir sans encombre la pose de carrelage grand format
Publié le 28 mar 2026
Temps de lecture : 10 minutes
Est-il difficile de poser du carrelage grand format ? Et le double encollage est-il obligatoire ?
Le métier de carreleur a énormément évolué ces dernières années. Tout va plus vite : les formats changent, les textures évoluent, les outils se modernisent, et les attentes des clients sont de plus en plus élevées. Aujourd’hui, impossible de passer à côté du carrelage grand format. On en voit partout : sur les réseaux sociaux, chez les voisins, dans les showrooms, et sur de plus en plus de chantiers.
Beaucoup se posent donc les mêmes questions : est-ce difficile à poser ? faut-il un matériel spécifique ? quelle colle utiliser ? et le double encollage, est-ce vraiment obligatoire ?
On va faire le point ensemble, simplement, avec un regard de terrain, sans blabla inutile.

Qu’appelle-t-on vraiment un carrelage grand format ?
C’est une question qui revient souvent, et chacun a un peu sa définition. Pour certains, le grand format commence au-dessus du 60x60. Pour d’autres, c’est à partir du 100x100. Et puis il y a encore la catégorie au-dessus : les très grandes plaques, comme les 120x240 et plus.
Mon avis est simple : un carrelage devient vraiment un grand format à partir du moment où il ne se pose plus raisonnablement seul.
Pour moi, on entre clairement dans cette catégorie à partir du 100x100. C’est souvent là que tout change :
- la manutention devient plus lourde ;
- les gestes deviennent plus techniques ;
- le risque pour le dos augmente fortement ;
- la précision doit être irréprochable ;
- et le matériel utilisé n’est plus le même.
Oui, certains diront : “Moi je pose du 100x100 seul.” C’est possible. Mais le vrai sujet, ce n’est pas seulement de réussir aujourd’hui. Le but, c’est aussi de tenir dans le temps et de préserver son corps. Après 35 ans de métier, je peux vous dire une chose : le dos, c’est capital. Avec des formats au-dessus de 100x100, certaines positions deviennent vite très traumatisantes.
C’est aussi pour cette raison qu’aujourd’hui, l’utilisation de systèmes de levage comme les ventouses électriques devient presque incontournable.
Est-il difficile de poser du carrelage grand format ?
Je vais peut-être en décevoir certains, mais la réponse est oui.
Oui, poser du carrelage XXL est plus difficile que poser un format classique. Pourquoi ? Parce que tout est plus grand, plus lourd, plus fragile dans certaines situations, et surtout plus exigeant.
Quand on travaille avec du grand format :
- il faut des machines plus grandes pour couper ;
- il faut souvent des tables adaptées ;
- il faut être très rigoureux dans les mesures ;
- il faut mieux préparer le support ;
- il faut souvent travailler à deux ;
- et la moindre erreur coûte beaucoup plus cher.
Un grand carreau couvre rapidement plus d’1 m². Cela veut dire qu’une erreur de coupe, une mauvaise mesure, ou un défaut de support peut avoir des conséquences importantes. Plus le format augmente, plus il faut être précis, organisé et soigneux.
Le grand format ne pardonne pas l’à-peu-près. Quand il faut refaire une plaque avec des découpes de portes, de niches ou d’angles, cela peut vite devenir une vraie galère.
Mais attention : difficile ne veut pas dire impossible. Avec la bonne méthode, le bon matériel et les bonnes habitudes, on peut très bien réussir.
Première étape : préparer parfaitement le support
S’il y a une chose à ne pas négliger avec le grand format, c’est bien la préparation du support. C’est même la base.
Ces formats demandent une très bonne planéité. Si le sol ou le mur n’est pas propre, stable et bien préparé, vous allez le payer pendant la pose. Et avec des grands carreaux, on ne rattrape pas les défauts comme avec des petits formats.
Il faut donc vérifier que :
- les bosses sont poncées ;
- les creux sont ragréés ;
- les bords sont dégagés ;
- les seuils et châssis sont bien préparés ;
- les murs sont correctement finis ;
- et que l’ensemble du support est propre et cohérent.
En clair : le support doit être impeccable.
Le primaire est-il obligatoire ?
Pas toujours. Il n’est pas systématiquement obligatoire, sauf dans certains cas comme une chape anhydrite, où il devient indispensable. Mais dans beaucoup de situations, je considère que c’est fortement conseillé.
Pourquoi ? Parce que le primaire aide à créer une barrière entre la chape et la colle. Le but est d’éviter que l’eau contenue dans la colle migre trop vite dans le support, ce qui peut réduire les performances du mortier-colle.
Quand on travaille avec de grands formats, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté. Car quand il y a un problème sur ce type de pose, les conséquences sont souvent lourdes : grande surface à démonter, découpes complexes à refaire, perte de temps et perte d’argent.
Deuxième étape : choisir la bonne colle
Le choix du ciment-colle est capital. Avec le carrelage grand format, on ne peut pas prendre ce point à la légère.
Pourquoi ? Parce que ces carreaux subissent davantage de contraintes :
- grandes surfaces collées ;
- découpes parfois complexes ;
- angles fragilisés ;
- risques de microfissures ;
- chauffage sol dans beaucoup de cas ;
- contraintes de dilatation plus marquées.
Quelle classification choisir ?
En pratique, on retient généralement :
- C2TE S1 pour les carrelages en dessous de 10 000 cm², donc sous le 100x100 ;
- C2TE S2 pour les formats supérieurs à 10 000 cm², donc au-dessus du 100x100.
Personnellement, je préfère déjà utiliser de la S2 sur du 90x90, car je ne veux pas prendre de risque inutile. Sur chantier, on sent vraiment la différence entre une S1 et une S2. La S2 est souvent plus grasse, plus collante, plus souple, et donc plus rassurante sur ce type de pose.
La différence entre S1 et S2 se joue notamment sur leur capacité de déformation. Dit simplement : la S2 accepte mieux certains mouvements et certaines contraintes, ce qui est un vrai plus pour les grands formats.
Le double encollage est-il obligatoire ?
Pour le carrelage grand format, ma réponse est claire : oui, il faut travailler en double encollage.

Techniquement, ce qu’on cherche, c’est un transfert de colle optimal entre le support et l’envers du carrelage. Sur les grands formats, il ne faut pas laisser de zones vides. Ces manques d’adhérence peuvent créer des faiblesses, surtout sur des découpes complexes, des passages intensifs ou des supports sollicités.
Jusqu’au 90x90, j’utilise volontiers un peigne type Tebo Switch 12 mm au sol, puis je viens beurrer l’envers du carreau pour optimiser le transfert. Ensuite, je pose avec les ventouses, puis je fais un léger va-et-vient pour bien uniformiser la colle sous le carreau.
Au-dessus de ce format, je passe sur une méthode encore plus sécurisante :
- peigne 10x10 au sol ;
- peigne 4 mm à l’envers du carrelage.
Cette méthode permet d’augmenter fortement le transfert de colle et de réduire les zones creuses. Sur du grand format, c’est un point essentiel.
Il est également capital d'utiliser une ventouse vibrante Bihui ou Shijing par exemple afin d'avoir un transfert de colle optimal.
La manutention : à partir d’un certain format, on ne travaille plus comme avant
C’est souvent là que les choses changent vraiment. Tant qu’on reste sur des formats “raisonnables”, on peut encore s’adapter avec de bonnes habitudes. Mais dès qu’on monte en taille, il faut du matériel adapté.
Les ventouses manuelles ou électriques
Pour des formats allant jusqu’à environ 120x120, les ventouses sont déjà d’une grande aide. Elles facilitent la prise en main, sécurisent le transport, et soulagent le corps.
Parmi les modèles connus, on retrouve par exemple : 
Ces ventouses sont appréciées parce qu’elles sont simples à utiliser et que certaines disposent d’un redémarrage automatique permettant de maintenir le vide.
Les cadres de portage
Pour les formats plus grands, à partir de 120x120 et au-delà, on entre dans une autre logique. Les cadres avec ventouses permettent de transporter plus proprement, plus sûrement, et à plusieurs si nécessaire.
Pour ceux qui veulent travailler seuls dans certaines configurations, il existe aussi des solutions spécifiques comme le Only One de Raimondi, qui combine cadre, ventouses et roulettes. C’est très pratique dans certains cas.

Le réglage et la planéité : un point devenu incontournable
Une fois le carreau collé, il faut encore le régler correctement. Et là aussi, avec le grand format, il n’y a plus de place pour l’approximation.
Pour limiter les désaffleurements, l’utilisation d’un système de nivellement est devenue presque obligatoire. On peut

travailler avec des croisillons autonivelants de la gamme Solidor Crix avec les cales, ou d’autres systèmes selon ses habitudes.
Personnellement, je conseille aussi d’avoir sous la main un système complémentaire comme les croisillons Bihui TSL 50, qui permettent de corriger un défaut après la pose si un désaffleurement apparaît dans le joint.
C’est un vrai plus sur chantier. On peut insérer le système dans le joint et corriger plus finement la planéité. Sur certains cas, c’est vraiment un game changer.
Les coupes et finitions demandent aussi plus de maîtrise
On pense souvent à la colle, à la manutention ou au poids, mais il ne faut pas oublier un point essentiel : la coupe et la finition.
Avec le carrelage grand format, la moindre erreur se voit vite. Et plus les découpes sont complexes, plus il faut être précis. C’est encore plus vrai lorsqu’il faut réaliser des ajustements visibles, des coupes propres ou des finitions de chants.
Sur ces formats, il faut :
- un bon support de coupe ;

- une bonne machine ;
- un bon disque ou bon outillage de finition ;
- une gestuelle propre ;
- et surtout prendre son temps.
C’est là qu’on voit la différence entre une pose “faite” et une pose bien exécutée.
Pourquoi autant de carreleurs se tournent vers le grand format ?
Parce que les possibilités sont énormes.
Avec ces matériaux, on ne fait plus seulement un sol ou un mur. On peut aller beaucoup plus loin :
- habillage mural ;
- douche à l’italienne ;
- niches ;
- meubles ;
- tablettes ;
- vasques ;
- éléments décoratifs sur mesure.
En plus, beaucoup de ces plaques existent en faible épaisseur, souvent entre 4,8 mm et 6 mm. Cela les rend parfois très agréables à travailler sur certains aspects, notamment pour les biseaux, les finitions ou certains ponçages.
Bien sûr, cela ne veut pas dire que c’est simple. Mais cela ouvre énormément de possibilités pour les carreleurs qui veulent monter en gamme.
Mon avis de carreleur après 35 ans de métier
Poser du carrelage grand format, ce n’est pas juste poser un carreau plus grand. C’est un autre niveau d’exigence.
Il faut penser :
- au support ;
- à la colle ;
- à la manutention ;
- au double encollage ;
- au nivellement ;
- au respect du corps ;
- et à l’organisation générale du chantier.
Peut-on y arriver ? Oui, clairement.
Peut-on improviser ? Non.
Le grand format pardonne peu. Mais avec de bonnes habitudes et le bon matériel, on peut faire un travail superbe, solide et durable.
Conclusion
J’espère vous avoir éclairé sur le sujet et vous avoir donné quelques clés concrètes pour mieux comprendre la pose du carrelage grand format.
Que l’on parle d’un format “acceptable” comme du 90x90, ou d’un vrai format XXL, la logique reste la même : plus le format augmente, plus la pose devient technique.
Et s’il y a un conseil à retenir, c’est celui-ci : ne sous-estimez ni la préparation, ni le choix de la colle, ni l’importance du double encollage.
Le résultat peut être exceptionnel, mais il demande du savoir-faire.
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Bon travail,
Sam